Comité de soutien à Jean-Marc Deperrois
BP N° 29 - 76210 Gruchet-le-Valasse FRANCE


Les grandes lignes de l'affaire

En 1994, une petite fille de neuf ans, Emilie Tanay, meurt empoisonnée au cyanure au domicile d'un camarade de classe, chez Jean-Michel et Sylvie Tocqueville, à Gruchet-le-Valasse, près du Havre.

Quelques jours après son décès, on découvre que le médicament " Josacine " de la fillette contient du cyanure (en savoir plus sur le drame du 11 juin).

Jean-Marc Deperrois est alors accusé d'un crime passionnel : il s'était procuré du cyanure quelques semaines auparavant pour son entreprise (en savoir plus sur la commande de cyanure), située à 50 m de la maison des Tocqueville, et s'en était débarrassé en cachette, ne voulant pas être inquiété dans cette affaire, car il avait une liaison avec Sylvie Tocqueville. On va l'accuser alors d'avoir voulu tuer le mari de Sylvie ; il serait entré vers 17 h dans la maison, et aurait empoisonné la Josacine, en croyant qu'elle avait été prescrite à Jean-Michel. Il y aurait donc eu " erreur sur la victime ".

L'hypothèse de l'accusation paraît très peu vraisemblable : Deperrois, lui-même père de famille, savait que la Josacine en présentation buvable est à usage pédiatrique. Il connaissait très bien Jean-Michel et Sylvie, qui avaient deux petits garçons âgés de 8 et 5 ans. Jean-Michel prenait ses traitements, comme la plupart des adultes, sous forme de cachets ou de gélules. Quelle probabilité pouvait-il bien y avoir, dans ces conditions, que le médicament appartienne au père, plutôt qu'à l'un de ses enfants ?

Plusieurs constatations vont contredire l'hypothèse de l'accusation :

Une autre hypothèse suggère que la Josacine aurait été empoisonnée après le décès de l'enfant, pour cacher un accident domestique : hypothèse jugée " plausible " par le Tribunal du Havre en 2005. Après la condamnation de Jean-Marc Deperrois, un journaliste du journal Le Monde, Jean-Michel Dumay, découvre dans le dossier l'écoute téléphonique d'une conversation entre Jean-Michel Tocqueville et l'un de ses amis, présent le soir du drame, qui lui dit : " Tu vas passer à la télé, toi, avec c'que t'as mis dans la Josacine ". Les deux interlocuteurs n'ont jamais été interrogés par la police sur le sens de cette phrase, à l'époque, et elle est restée totalement ignorée lors du procès.

En 2003, le journaliste suggère qu'Emilie a peut-être avalé par erreur un produit cyanuré qui se trouvait dans la maison. On aurait alors cherché à cacher cet accident en introduisant du cyanure dans la Josacine après le drame, alors que l'hôpital réclamait le médicament pour le faire analyser. Saisi d'une plainte en diffamation contre ce journaliste, le Tribunal du Havre affirme, en novembre 2005, que cette hypothèse est " plausible ", que " des incohérences existent dans les explications données (par les Tocqueville) sur les circonstances dans lesquelles l'enfant a pris son médicament ", et que le journaliste " a objectivement présenté les faits ".

Ce tribunal a donc officiellement reconnu plausible une hypothèse qui innocente Jean-Marc Deperrois.


Une première demande de révision, présentée en 2001, s'appuie sur la critique des analyses chimiques et sur la phrase prononcée par l'ami de M. Tocqueville : " Tu vas passer à la télé, toi, avec c'que t'as mis dans la Josacine ". Cette demande est rejetée par la Commission de révision des condamnations pénales, qui considère qu'il ne s'agit pas d'éléments nouveaux, puisque les analyses chimiques et la phrase en question figuraient au dossier.

Une deuxième demande de révision, présentée en 2005, affirme que plusieurs éléments nouveaux rendent vraisemblable l'hypothèse de l'accident camouflé après coup et notamment

La Commission de révision des condamnations pénales demande alors un supplément d'information, et organise des observations sur l'odeur du mélange josacine-cyanure et divers tests de sensibilité aux odeurs.

Bibliographie :
(voir la page consacrée à ces ouvrages)

  • Anne-Marie Deperrois : Erreur sur le coupable 1998 (Editions n°1)
  • Corinne Tanay : Lettre à Emilie L'affaire de la Josacine empoisonnée 1998 (Grasset)
  • Corinne Tanay : Le châtiment des victimes. Josacine L'affaire du silence empoisonné 2001 (Bayard)
  • Jean-Charles Camilleri : Paroles d'innocence : 2003 (IB Impressions)
  • Jean-Michel Dumay : Le Poison du doute : 2004 (Stock)

 

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